Ça fait 2 mois que je n’ai pas écrit sur cette page et j’ai bien envie de reprendre le fil !

J’aimerai pouvoir décrire mon vécu librement. Parfois je trouve ça difficile de livrer le fond de sa pensée, se raconter en transparence, sans édulcorer, sans crainte de choquer…

Ce que j’ai vécu en ce début novembre est une étape de ma vie, que je n’ai pas encore tout à fait digérée. L’écriture va peut-être m’y aider. 

J’ai la rage. 
Je ne le savais pas, mais j’avais à moitié fermé mon cœur depuis de nombreuses années. 
Pourquoi l’avoir fermé ? Pour y cacher quoi dedans ? 
Et comment avais-je fait pour égarer la clef ?

J’ai compris pourquoi le déni m’agaçait tant chez les autres: parce que moi aussi je me mentais à moi même. 

Il a fallu que quelqu’un me le montre en miroir. Tout comme j’ai pu faire miroir pour débusquer des trucs chez les autres, cette fois c’était à mon tour.

Depuis des années, j’avais mis la séductrice et l’amoureuse de côté. Et Dieu sait à quel point ça a toujours été ma quintessence ! Depuis que je suis mère, j’ai presque oublié ce qui m’a toujours fait vibrer, ce qui m’a fait faire les choix les plus décalés, par amour, déraison et pure folie.
Une amoureuse, prête à tout. Capable de traverser l’Atlantique pour retrouver un amant et lui faire la surprise. Tu vois le genre ? C’est complètement moi. Le cœur qui bat. Qui n’écoute que sa folie, comme si c’était le sens pour moi de venir sur terre. Vibrer, éprouver, ressentir. La chair de poule, les frissons, les émois, les râteaux. TOUT.

Et voilà qu’un jour j’ai décidé d’arrêter toutes ces « conneries ». De construire un couple durable, une famille. Projet hautement improbable pour moi, qui avait fait du « courage d’être soi » mon exigence première, quitte à blesser et être blessée. De dire sans attendre ce qui pouvait troubler mon cœur. Une hygiène de vie. Des montagnes russes.

Il y a 10 ans lasse de relations éphémères je me suis dit, «ça suffit ! ». Une histoire longue c’était pour moi un rêve inaccessible. Une voie royale pour grandir et se connaître. 
« Et les enfants que tu voudrais un jour, me disais-je, tu ne pourras pas les avoir avec des passions amoureuses. » « Il te faut quelque chose de calme et stable si tu veux que ça dure. »

Quand j’ai rencontré le père de mes enfants, j’ai su qu’on pourrait vivre quelque chose comme ça ensemble. J’étais prête.
Donc quand j’ai rencontré cet « autre », un an après, j’ai ignoré avec force les signaux de mon cœur. Je lui ai dit de se taire, à ce cœur, de me laisser tranquille. TRANQUILLE, pour une fois.

9 ans plus tard… Je constate que mon coeur a vécu son truc de son côté, à sa façon. Dans le monde astral, en fait.
Des rendez-vous amoureux, avec «l’autre », dans cette autre dimension, un monde où tout est permis, il y en a eu régulièrement. Sans faire de vagues, ni d’histoires. Je me suis dit « ce ne sont que des rêves ! » pas de quoi fouetter un chat. Je ne savais pas que mon cœur en fait, je l’avais verrouillé pour pouvoir vivre ce projet de couple et de famille.

Le problème c’est que tu ne peux pas un jour verrouiller ton cœur et l’ouvrir quand ça te chante. Sinon ça te pète à la gueule, tout ce que tu y as caché à l’intérieur.
Du coup, il n’est accessible pour personne en fait. Un « tout petit » secret y est enfermé, et il y grossit en quarantaine.
Un secret caché devient énorme. Si j’avais simplement parlé dès le début, peut être aurait-il simplement dégonflé et disparu. Et je serais passé à autre chose.

Il a fallu que mon compagnon fasse lui aussi des sorties de corps, et qu’il me voit batifoler avec Machin, pour découvrir l’origine de cette fermeture. 

Tu t’imagines le chemin qu’il a dû faire pour me le montrer ? 

Pour mettre à jour cette épine, cette écharde qui plombait l’ensemble, mine de rien ?
Une fois ce non-dit révélé, mon cœur n’a pas pu s’empêcher de s’ouvrir, irrésistiblement.
J’ai dû faire face au contenu.
Reconnaitre quelle honte m’habitait en silence. A la fois d’avoir désiré quelqu’un d’autre, de l’avoir caché, d’avoir fermé mon cœur à double tour, d’avoir vécu toutes ces années à faire péter tous les couvercles sauf celui ci ! 
Oh putain j’ai fait ça ?
En voulant protéger mon couple, ma famille, je les avais en fait minés. C’est ça, déposer une mine, et soigneusement l’éviter pour ne pas qu’elle explose. 
En voulant me protéger de l’amour, de la vie, je m’étais insidieusement diminuée. Pour ne vivre qu’à moitié. Juste à côté de moi même.

Je m’en suis voulue. Envers les autres qui n’avaient eu qu’une demi version de moi même. D’avoir flingué l’oedipe de ma fille. D’avoir mis qui j’étais vraiment en sourdine.
Ce sont des instants qui projettent dans une vérité nue, implacable. Aucun retour en arrière possible.

Et puis j’ai commencé à sortir d’une anesthésie générale. Faire fondre l’imperméable que j’avais mis contre les émotions. Jeter mes outils pour contrôler la vie et éviter des conflits. Me retrouver face à moi même. Et retrouver mon amour pour moi. Réconciliation profonde. 

Maintenant, tout est plus intense émotionnellement, car mon cœur est à nu, tout le temps. 
J’ai retrouvé cette part de femme sauvage, celle qui dit les choses, qui assume l’amour qu’elle ressent, ou qu’elle ne ressent pas.
Au risque que tout vole en éclats.
Au risque de ne plus être aimée.

Qu’importe quand on sait qui on est.