« Aimer être là où on en est. » 
A l’exact moment.
2020, c’est l’heure des vœux, je ne te souhaite que cela.
On dirait parfois qu’il ne faudrait souhaiter que des bonnes choses, des bonnes vibrations, de la bonne énergie, des qualités vertueuses…
Mais si tu ne veux Que ça, tu peux te couper d’une partie de la vie et de toi.
Quand ça ne sera pas comme ça, t’aimeras-tu quand même ? 
Ou voudras-tu être un cran plus loin ? 
Rejetteras-tu tes « défauts », tes facettes moins claires, moins lumineuses ?

C’est juste celles que tu ne connais pas encore.
Celles qui n’ont pas encore été éclairées.

Et en avoir honte n’aide pas à les éclairer. Au contraire, on aura plus tendance à les cacher.
Ici bas, on ne peut pas être qu’une seule face. Tu veux plus de lumière ? Accepte de voir ton ombre !

Aimer être là où on en est. 
C’était pas mieux hier, et ça ne sera pas mieux demain.
Il n’y a pas de changements possible sans accepter de se voir en totalité. Le meilleur et le pire.
Mourir à ses apparences. A ce qu’on voudrait montrer, à comment on voudrait être perçu(e).

Le désir de plaire. La plaie de cette époque du j’aime j’aime pas.
J’entends beaucoup en ce moment des vœux d’être totalement soi même, mais c’est impossible sans respirer toutes ses facettes moins reluisantes, et qui sont tellement humaines, et tellement partagées par tous.

Aimer être là où on en est.
Même si tu es dans le pétrin et que tu cherches la clé.

Aimer être là où on en est.
Sans regret,
Même si tu vois des choses qui ne vont pas.
Même si la planète est détraquée.
Même si tu aimerais bien qu’elle soit déjà guérie.

Aimer être là où on en est, 
même si ça ne plaît pas à tes parents qui aimeraient bien que tu sois déjà plus loin

Ne pas aimer être là où on en est
C’est comme refuser de passer par les creux, les fossés, la boue. 
C’est comme vouloir que la vie soit un long fleuve tranquille

Que la vie t’emmène directement à ce que tu voulais
instantanément, en suivant un programme connu.

Je te garantis que si ça se passait comme ça
Tu vivrais ta vie confortablement, mais sans te connaître.

Ce sont toutes les aspérités qui nous révèlent, 
qui nous donnent l’occasion de découvrir 
ce qu’on ressent profondément.

Alors je te souhaite d’aimer être là où tu en es,

Que tu sois en pleine forme ou au plus bas de ta forme
Que tu sois au sommet de l’arbre, ou au pied des racines
Que tu sois en gestation ou en plein accouchement
Que tu sois au milieu d’un chaos inextricable ou dans une eau limpide et transparente
Que tu sois béat sous un ciel étoilé ou à l’agonie au fond d’un trou
Que tu sois amoureux ou pas
Découragé(e) ou gonflé(e) à bloc
Aligné, ou désaligné
En ordre, ou en vrac
Ou au milieu des deux.
Deux, zéro, deux, zéro…
La roue tourne sans arrêt

Est-ce qu’il peut vraiment y avoir de mauvaises années ?