Cet été 2019 est très particulier pour moi. 
Je retrouve mon pays, mes racines, j’embrasse mon passé et je récolte l’énergie qui stagnait depuis des années.
Le plus beau pour moi est de retrouver ma sœur.
Je l’avais perdue ? Pas complètement, mais la relation avait pris un gros coup il y a 10 ans, suite à un clash que j’avais eu avec son mari.

Ma sœur a toujours été un modèle pour moi. On a 12 ans d’écart, ce qui n’est pas rien, et c’est elle qui m’a appris à parler, à dessiner. 
Quand j’avais un souci, une question épineuse, c’est elle que j’allais voir. Quand elle a eu 18 ans, j’en avais 6, elle est partie de la maison pour aller faire ses études et ce fut un déchirement de ne plus la voir aussi souvent…

L’écriture, c’est elle qui m’en a transmis le goût. 
La musique aussi. C’est une guitariste, une poétesse de talent. 
Grâce a elle, j’ai baigné dans David Bowie, les Cure et Pink Floyd alors que je portais encore des couches ! 🙂
J’ai reçu toute sa sensibilité à travers ce qu’elle exprimait avec sa guitare. 
Et puis j’ai lu ses écrits, admiré ses dessins. 
Les émotions qu’on peut ressentir à 17, 18 ans, j’ai accédé a cette intensité très jeune.

Et puis elle est devenue un exemple de beauté et de sensualité sauvage. 
Quand elle s’est mariée avec ce musicien brésilien aux cheveux longs bourré de talent, elle est devenue plus que jamais un exemple pour moi cassant les codes de bonne conduite familiale. 
Elle non plus n’avait pas envie de devenir un trophée. Elle est devenue prof de français, ce qui sécurisa mes parents, mais son mariage a provoqué quelques petits hoquets d’indigestion chez les alsaciens bien comme il faut de ma famille.

Moi j’étais si fière d’elle ! Ils formaient un couple romantique, artistique, sauvage…tellement inspirant pour l’ado que j’étais. Et tellement peu conforme à ce que j’avais l’habitude de voir.
Le Brésil, c’est toute une culture qu’elle nous a fait découvrir à travers son mari.

Et puis je suis devenue tante et marraine à 13 ans. 
J’avais des neveux à qui j’allais moi aussi transmettre des choses ! 

Tout le monde a grandi et évolué. Après avoir baigné grâce à eux dans la musique, la philosophie, je suis entrée dans une période difficile. L’intransigeance de ma jeunesse face à des gens vieillissant qui en oubliaient leur fougue de jadis, c’était dur à accepter.
Maintenant que moi aussi je vieillis et que j’ai des enfants, je vois les choses sous un autre angle. J’ai vécu moi aussi cet assagissement automatique. Je suis même allée jusqu’à rompre avec le père de mes enfants (en réaction, je pense, à ce phénomène !) 
Aujourd’hui je ne lutte plus contre, je l’accepte et la fougue revient d’elle même, quand j’arrête de me fliquer ! 😉

Pendant ces 10 ans de clash, j’ai eu quelques entrevues avec ma sœur, mais on restait en superficie. C’était simplement pour conserver un lien.
Depuis que je suis retournée les voir cet été pour admettre mes jugements déplacés de l’époque, notre relation s’est transformée.
J’ai à nouveau accès à elle, à notre complicité, notre télépathie, et c’est juste incroyable à vivre.
Pour mes 40 ans j’ai reçu un poème d’elle qui m’a énormément touchée.
Elle a su mettre en mots des images personnelles dont je rêve parfois, qui décrivent des couches très profondes de mon psychisme et dont je ne parle jamais à personne…

Et elle y accède et me l’écrit dans un poème !

Tout ça parce que j’ai mis ma peur et ma fierté de côté !
C’était le temps qu’il fallait. Pas un jour de plus, ni un jour de moins.
Un matin, tu te lèves, et tu es prêt(e).

Et toi, comment tu vis ta famille ?